Interview exclusive avec Behi Djanati Ataï, Actrice et Autrice Franco - Iranienne 

Par Jean-Paul Eliard
le 23 / 10 / 2022

 

Bonjour Behi, d'abord je suis très heureux de faire cet interview

 

Pouvez-vous, vous présenter aux visiteurs de cinema-movietheater.com ?

Je suis une actrice franco-Iranienne, après avoir fait des études supérieurs scientifiques, j'ai pu enfin retourner vers ma vocation première qui était de pouvoir interpréter, incarner des personnages.

J'ai d'abord commencé au théâtre puis le cinéma est venu à moi et c'est avec grande joie que je navigue entre les deux univers. 

Après la mort de Mahsa Amini, jeune femme de 22 ans arrêtée pour avoir mal mis son voile, et battue par la police.

D'abord que pensez-vous de la révolution des femmes en Iran, mais aussi des hommes qui sont solidaires avec elles?

J'ai toujours pensé que si un changement se produisait en Iran, il serait initié par les femmes. Elles subissent un apartheid de genre en Iran mais pas seulement cela existe aussi dans nos démocraties occidentales. Sans parler du non respect des droits humains fondamentaux et les exactions contre les femmes, mais aussi contre les mineurs et toutes les minorités en Iran.
Les hommes ont rejoint ce mouvement de révolte parce que leurs familles, femmes et enfants sont touchés de plein fouet sans oublier toutes les difficultés économiques et sociales qu'ils subissent depuis bien trop longtemps qui s'ajoutent à cela.

Behi et Mahtab © Behi Djanati Ataï

Les femmes peuvent-elles faire tomber le régime ?

Je ne pense pas que seules les femmes puissent faire tomber le régime, elles ont initié cette révolte mais la politique internationale doit suivre et soutenir ce mouvement. 

Comment peut-on les aider de France ?

Faire entendre leurs voix, médiatiser au maximum ce qui se passe là-bas. Et pour réellement faire basculer ce régime sanguinaire: demander des sanctions contre les gardiens de la révolution.

Exiger du Président Macron et de l'Union Européenne, des sanctions à l'encontre du gouvernement iranien.

Exiger du régime en place la libération immédiate des prisonniers politiques avec une très forte pression diplomatique, le respect des dispositions du Pacte international relatif aux droits civils et politiques dont l'Iran est signataire, le respect du droit des femmes et de toutes les minorités. 

Manifestation à Paris © Behi Djanati Ataï

Dans la version Française de Parvana vous avez fait la voix de Fatema, la mère de Parvana.
Comment identifier et trouver la voix d'un personnage animé ?

Fatema est une mère afghane qui vit sous une terrible répression et subit une discrimination abominable envers les femmes du régime taliban, ce qui est très proche de ce que vivent les femmes en Iran.

L'interprétation de Fatema n'a pas été une réelle création de ma part, car le personnage existait déjà en anglais, mais je n'ai pas eu de difficultés à l'interpréter.

J'ai essayé de m'y rapprocher au plus près en étant empli du vécu des femmes iraniennes opprimées. 
 
Quand et pourquoi avez-vous décidé d'être une actrice, est-ce un film, un acteur, une actrice........ ?

Depuis mon enfance j'étais fascinée par le cinéma et le théâtre et j'avais la chance d'avoir des parents cinéphiles et théâtreux.

Mon père était un dramaturge de renom, il enseignait l'art dramatique. Ma mère l'a rencontré lors des cours d'art dramatique qu'elle prenait avec lui.

J'ai toujours été immergée dans ce monde merveilleux. On écoutait quasi tous les vendredi soirs la pièce dramatique de mon père qui passait à la radio, parfois avec la voix ma mère qui jouait dedans. 
La difficulté des exilés est de pouvoir suivre leur souhait de "devenir", j'ai donc d'abord dû faire des études pour au cas où avant de réaliser, grâce à un ami, que je pouvais enfin me permettre de faire le métier de mes rêves.

Vous êtes autrice du livre HEDÂYAT pourriez-vous nous parler du synopsis de ce livre? Et quand et pourquoi vous avez décidé de l'écrire ?

C'est une pièce de théâtre qui raconte de manière fictionnelle les derniers mois de vie de Sadegh Hedâyat, le père de la littérature moderne iranienne, qui a écrit entre autres chefs d'œuvres "la chouette aveugle" et "enterré vivant".

Mon père l'a rencontré par synchronicité, dans le métro à Paris, il était en train d'écrire sa thèse qui parlait de lui et de son œuvre.

Malheureusement peu de temps après leur rencontre, Hedâyat s'est suicidé à 48 ans au 48 rue Championnet à Paris.

Mon père a été son premier biographe, il y a relaté l'hommosexualité de Hedâyat et les événements historiques de son époque.

Son livre a été publié juste avant la révolution iranienne de 1979 et du coup a été interdit de vente tout de suite après la révolution, étant donné que le régime islamique honnie un intellectuel tel que Hedâyat .

En écrivant cette pièce et en la mettant en scène, j'ai voulu rendre hommage à mon père et à Sadegh Hedâyat, tous deux hommes de lettres de renom, exilés et morts à l'étranger.

Cliquez sur la photo si vous souhaitez en savoir plus.

Quel est votre prochain défi / projet ?

J'aimerais pouvoir trouver à nouveau le temps d'écrire notamment pour tenter d'exorciser les terribles événements qui ont lieu en Iran.

 

Voulez-vous ajouter quelque chose ?

Oui. Le soutien de la révolte iranienne est important non seulement pour préserver la paix dans le Moyen-Orient mais aussi en Occident. 
Merci pour votre interview et: Femme Vie Liberté!

 

Merci beaucoup pour votre interview Behi et je vous souhaite le meilleur et aussi aux Iraniennes et au peuple iranien.
 
Plus d'informations au sujet de Behi  
sur www.behidjanatiatai.fr,  

sur AAMCS et sur IMDb

 

 

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